Changé le: 12/05/2026
Cbg effet : chimie du cannabigérol, biosynthèse depuis CBGA et distinction avec CBD et THC
L’expression cbg effet renvoie au profil pharmacologique du cannabigérol, un cannabinoïde mineur de la plante cannabis sativa L. dont la formule chimique brute est C21H32O2. Le cbg est issu de la décarboxylation thermique de l’acide cannabigérolique (CBGA), précurseur biosynthétique commun à plusieurs cannabinoïdes phytogènes (cbd, thc, cbn, CBC). Cette position chimique centrale dans la voie métabolique de la plante a valu au cannabigérol le surnom de molécule mère des cannabinoïdes. Le cbg cannabigérol présente la particularité d’être non psychoactif, contrairement au thc, avec un profil distinct du cbd sur les récepteurs du système endocannabinoïde. Cet article détaille la chimie du cbg, son interaction avec les récepteurs cb1 et cb2, l’état actuel de la recherche scientifique, et situe les produits contenant du cannabigérol dans le cadre réglementaire français du chanvre industriel.
Important : cet article a une portée informative et scientifique. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas la consultation d’un professionnel de santé. Les produits à base de chanvre industriel commercialisés en France sont destinés à un usage technique, scientifique, ornemental ou de collection, et ne sont pas des médicaments.
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Cbg cannabigérol : structure chimique et biosynthèse
Le cannabigérol a été identifié pour la première fois en 1964 par les chimistes israéliens Raphael Mechoulam et Yehiel Gaoni à l’Université hébraïque de Jérusalem, simultanément avec le thc. Sa formule chimique brute est C21H32O2 et sa structure moléculaire comprend un noyau résorcinol et une chaîne géranyle. La biosynthèse du cbg à partir de l’acide olivetolique et du géranyl-pyrophosphate est catalysée par l’enzyme géranyl-pyrophosphate-olivetolate-géranyltransférase (GOT) au sein des trichomes glandulaires de la fleur de cannabis.
- Formule chimique : C21H32O2, masse molaire 316,48 g/mol
- Structure : noyau résorcinol, chaîne géranyle, fonction phénol
- Précurseur : acide cannabigérolique (CBGA) C22H32O4
- Décarboxylation : thermique, conversion CBGA en cbg neutre
- Identification : Mechoulam et Gaoni, 1964, Université hébraïque
- Position : cannabinoïde phytogène, non psychoactif
Le CBGA joue un rôle pivot dans la biosynthèse des principaux cannabinoïdes phytogènes. Sous l’action de trois enzymes distinctes (THCA-synthase, CBDA-synthase, CBCA-synthase), il est converti respectivement en acide tétrahydrocannabinolique (THCA), acide cannabidiolique (CBDA) et acide cannabichroménique (CBCA). La caractérisation enzymatique de la THCA-synthase et de la CBDA-synthase, étudiée par l’équipe de Sirikantaramas et collaborateurs dans les années 2000-2010, a confirmé la position de la cbg-synthase dans la voie métabolique. Selon la variété de cannabis et le génotype de la plante, l’expression différentielle de ces enzymes oriente le profil cannabinoïde dominant. Dans la majorité des variétés commerciales, le cbg résiduel représente moins de 1% du contenu total en cannabinoïdes, car il est rapidement converti vers les autres molécules durant la maturation florale. Des sélections génétiques récentes (variétés Type IV, à dominante cbg) ont permis d’obtenir des plantes à concentration en cannabigérol de l’ordre de 5 à 15%, ouvrant ainsi de nouvelles possibilités pour la recherche et la production ciblée. Ces variétés sont étudiées dans plusieurs centres universitaires européens et nord-américains depuis 2018, en particulier au Department of Plant Sciences de l’Université de Wageningen (Pays-Bas) et au CREA (Consiglio per la ricerca in agricoltura, Italie). La récolte précoce des plantes Type III avant maturation complète constitue une autre voie d’obtention de cbg en quantités significatives, exploitée par certains opérateurs spécialisés européens.
Récepteurs CB1 et CB2 du système endocannabinoïde
Le système endocannabinoïde, identifié dans les années 1990 par les équipes des Pr Devane (1992) et Mechoulam, comprend deux principaux récepteurs couplés aux protéines G : cb1 et cb2. Le récepteur cb1 est principalement exprimé dans le système nerveux central, en particulier dans le cortex cérébral, l’hippocampe, le cervelet et les ganglions de la base. Le récepteur cb2 est, quant à lui, majoritairement exprimé dans le système immunitaire (rate, leucocytes, macrophages) et dans le tractus gastro-intestinal.
- Récepteur cb1 : système nerveux central, neuromodulation
- Récepteur cb2 : système immunitaire, modulation inflammatoire
- Endocannabinoïdes : anandamide (AEA), 2-arachidonoylglycérol (2-AG)
- Hydrolases : FAAH (anandamide), MAGL (2-AG)
- Distribution : récepteurs répartis dans tout le corps humain
- Fonctions : régulation humeur, douleurs, appétit, sommeil
Les études in vitro publiées depuis les années 2000 (en particulier Pertwee 2008, Russo 2011 PMID 21749363) suggèrent que le cannabigérol présente une faible affinité pour les récepteurs cb1 et cb2 en comparaison du thc, mais possède une activité significative sur d’autres cibles moléculaires. Ces cibles incluent les récepteurs alpha-2 adrénergiques, les récepteurs sérotoninergiques 5-HT1A, les canaux ioniques TRPV1 et TRPM8, ainsi que les récepteurs activés par le facteur de prolifération des peroxysomes (PPAR-gamma). Cette polyactivité moléculaire distingue le cbg des autres cannabinoïdes majeurs et explique l’intérêt croissant des chercheurs en pharmacologie. Les études précliniques restent toutefois préliminaires et la plupart des recherches sont conduites sur des modèles cellulaires ou animaux. Aucune étude clinique de phase III n’a, à ce jour, validé un usage thérapeutique du cbg chez l’homme.


Distinction pharmacologique entre cbg, cbd et thc
La distinction entre cbg, cbd et thc repose sur trois critères principaux : structure moléculaire, profil pharmacologique et concentration dans la plante. Ces trois cannabinoïdes partagent des composés précurseurs communs mais présentent des effets distincts sur les récepteurs du système endocannabinoïde.
- Cbg : non psychoactif, faible affinité cb1, polyactivité moléculaire
- Cbd : non psychoactif, modulation allostérique cb1, étudié pharmacologiquement
- Thc : psychoactif, agoniste des récepteurs cb1, effet psychotrope
- Concentration cbg : généralement inférieure à 1% en variétés classiques
- Concentration cbd : 0,5 à 25% selon les variétés sélectionnées
- Concentration thc : 0,1 à 30% selon variétés et législation locale
Le cbd et le cbg partagent un statut non psychoactif et un intérêt scientifique croissant. Cependant, leur action moléculaire diffère : le cbd agit principalement comme modulateur allostérique négatif des récepteurs cb1 et comme inhibiteur de l’hydrolyse des endocannabinoïdes endogènes (FAAH), tandis que le cbg présente un profil polyactif sur des cibles moléculaires variées. Le concept d’effet d’entourage, développé par le Dr Ethan Russo dans son article de 2011 (Russo, British Journal of Pharmacology, PMID 21749363), suggère que la combinaison de plusieurs cannabinoïdes et terpènes peut produire des effets différents de ceux observés pour chaque composé isolé. Cette hypothèse fait l’objet de recherches contemporaines et reste un sujet de débat au sein de la communauté scientifique. Les études récentes sur les profils cbd–cbg tentent d’éclairer les interactions entre ces composés, sans toutefois conclure à des indications thérapeutiques validées.
État de la recherche scientifique sur le cbg
La recherche scientifique sur le cbg connaît un essor depuis 2015, sous l’impulsion de plusieurs équipes universitaires européennes et nord-américaines. Les publications référencées dans PubMed (PMID associés à cbg et cannabigérol) sont passées d’une dizaine par an dans les années 2000 à plusieurs dizaines depuis 2020. Les axes de recherche portent sur la pharmacologie moléculaire, la chimie analytique et les modèles animaux précliniques.
- Universités impliquées : Hébraïque Jérusalem, Northern Colorado, Oxford
- Modèles d’étude : cultures cellulaires, modèles murins, dosages enzymatiques
- Cibles étudiées : récepteurs cb1, cb2, alpha-2, 5-HT1A, TRPV1
- Études précliniques : modulation inflammatoire, neuroprotection
- Études ophtalmologiques : abaissement pression intraoculaire (glaucome)
- Limites : absence d’études cliniques de phase III, données préliminaires
Les études précliniques se concentrent sur la modulation inflammatoire dans des modèles murins de colite (Borrelli 2013), sur l’effet neuroprotecteur dans des modèles de Huntington et de Parkinson (Valdeolivas 2015, Universidad Complutense de Madrid), et sur la modulation de la pression intraoculaire dans des modèles de glaucome. Toutes ces recherches restent à un stade préclinique et n’ont pas, à ce jour, conduit à l’enregistrement d’un médicament contenant du cbg auprès des agences de santé européennes (EMA) ou américaines (FDA). Les seuls médicaments à base de cannabinoïdes autorisés en Europe (Sativex en 2010 pour la spasticité de la sclérose en plaques, Epidyolex en 2019 pour certaines formes pédiatriques d’épilepsie réfractaire) contiennent du thc et du cbd, mais pas de cbg. Aucune autorisation de mise sur le marché (AMM) ne couvre actuellement le cannabigérol en monothérapie ou en association validée. Le chercheur doit donc rester prudent dans l’interprétation des résultats précliniques disponibles. Le potentiel du cbg en pharmacologie reste un domaine ouvert qui demande encore de nombreuses années de recherche avant de pouvoir formuler des conclusions cliniques solides. Les essais cliniques de phase I et II référencés sur ClinicalTrials.gov pour le cbg sont à ce jour très peu nombreux, ce qui souligne le caractère préliminaire de la connaissance disponible. La position des autorités françaises, en particulier de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé), est d’accompagner cette recherche sans valider d’allégation thérapeutique non démontrée. La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) veille parallèlement à la conformité des allégations commerciales formulées sur les produits du chanvre industriel commercialisés sur le territoire français.


Cadre réglementaire français du cbg et des produits dérivés
Le cadre réglementaire français applicable aux produits contenant du cbg est aligné sur celui du cbd. Les produits dérivés du chanvre industriel (Cannabis sativa L. inscrit au catalogue commun européen) avec un taux de thc inférieur à 0,3% peuvent être commercialisés légalement en France, à condition de respecter les exigences réglementaires applicables. La position juridique a été consolidée par la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022 et par l’arrêt Kanavape de la CJUE (19 novembre 2020).
- Arrêté du 30 décembre 2021 : encadrement chanvre industriel français
- Arrêt Kanavape CJUE : 19 novembre 2020 (C-663/18), libre circulation
- Conseil d’État : décision du 29 décembre 2022, validation cadre cbd
- Variétés autorisées : Carmagnola, Felina 32, Futura 75, Finola
- Usages autorisés : technique, scientifique, ornemental, collection
- DGCCRF : autorité de contrôle des produits commercialisés
Le cbg n’est pas, à ce jour, classé comme stupéfiant en France, ni inscrit dans le règlement Novel Food européen 2015/2283 dans une rubrique spécifique, contrairement au cbd dont le statut Novel Food a fait l’objet de plusieurs avis EFSA depuis 2020. Les produits contenant du cbg issu de chanvre industriel européen, avec thc inférieur à 0,3%, peuvent donc être commercialisés en France dans le respect des exigences applicables aux produits du chanvre, sous réserve d’absence d’allégation thérapeutique sur l’étiquette ou dans la communication commerciale. Les opérateurs certifiés font analyser leurs produits par des laboratoires indépendants pour vérifier la concentration en cannabinoïdes (HPLC) et l’absence de contaminants (métaux lourds, pesticides, mycotoxines). Cette traçabilité industrielle est un gage de qualité et de conformité réglementaire. Les opérateurs européens du chanvre industriel à dominante cbg sont peu nombreux mais en croissance, en raison de l’intérêt scientifique et commercial pour ce cannabinoïde.
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Produits Justbob et chanvre industriel à dominante cbg
Justbob propose une gamme de produits issus de chanvre industriel européen certifié, dont certaines variétés présentent un profil cannabinoïde riche en cbg. Tous les produits respectent la conformité au seuil européen de 0,3% de thc et sont accompagnés de certificats d’analyses laboratoire indépendants. La vente est strictement réservée aux personnes majeures (18+).
Justbob propose des fleurs CBD issues de variétés européennes certifiées, des haschisch CBD obtenus par pressage traditionnel, des huiles CBD extraites au CO2 supercritique et des collections complètes. Les variétés à dominante cbg représentent une niche émergente du marché, avec quelques cultivars sélectionnés (notamment White CBG, Jack Frost CBG) qui présentent des concentrations de cannabigérol supérieures à 5%. Ces variétés sont issues de recherches agronomiques récentes et restent encore peu répandues dans la filière commerciale française. Les produits à spectre complet (full spectrum) commercialisés par Justbob contiennent naturellement du cbg en quantité modeste, aux côtés du cbd, du CBC, du cbn et des terpènes caractéristiques de chaque variété. Cette diversité cannabinoïde permet d’étudier le profil global de la plante dans son intégralité, conformément aux principes de la recherche contemporaine sur l’effet d’entourage. La qualité contrôlée et la traçabilité de la filière européenne sont des gages essentiels pour les chercheurs, les collectionneurs et les opérateurs du chanvre.
Questions fréquentes sur le cbg effet et le cannabigérol
Qu’est-ce que le cbg ?
Le cbg (cannabigérol) est un cannabinoïde phytogène présent dans la plante cannabis sativa L. en faibles concentrations (généralement inférieures à 1%). Sa formule chimique brute est C21H32O2. Il a été identifié pour la première fois en 1964 par Mechoulam et Gaoni à l’Université hébraïque de Jérusalem. Le cbg est issu de la décarboxylation de l’acide cannabigérolique (CBGA), précurseur biosynthétique commun à plusieurs cannabinoïdes phytogènes, ce qui lui vaut le surnom de molécule mère.
Quelle est la différence entre cbg et cbd ?
Le cbg et le cbd sont tous deux des cannabinoïdes non psychoactifs présents dans la plante cannabis. Ils diffèrent par leur structure chimique, leur biosynthèse et leur profil pharmacologique. Le cbg est précurseur du cbd via le CBGA. Le cbd agit principalement comme modulateur allostérique des récepteurs cb1, tandis que le cbg présente une polyactivité sur les récepteurs alpha-2, sérotoninergiques 5-HT1A et TRPV1.
Le cbg est-il légal en France ?
Oui, le cbg issu de chanvre industriel européen, avec thc inférieur à 0,3%, peut être commercialisé légalement en France. Le cadre juridique applicable est aligné sur celui du cbd (arrêté du 30 décembre 2021, arrêt Kanavape CJUE 19 novembre 2020, décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022). Les variétés autorisées sont inscrites au catalogue commun européen (Carmagnola, Felina 32, Futura 75, Finola).
Existe-t-il des études cliniques sur le cbg ?
À ce jour, la recherche scientifique sur le cbg reste largement préclinique (cultures cellulaires, modèles animaux). Aucune étude clinique de phase III n’a validé un usage thérapeutique du cbg chez l’homme. Les études précliniques publiées depuis 2010 explorent ses effets sur la modulation inflammatoire, la neuroprotection et la pression intraoculaire. Les médicaments à base de cannabinoïdes autorisés en Europe (Sativex, Epidyolex) contiennent du thc et du cbd, mais pas de cbg.






