Changé le: 05/06/2026
Le hachich Maroc est une tradition millénaire du Rif qui a façonné le marché européen de la résine : voici les principales variétés et leur histoire
Des montagnes escarpées où le ciel semble plus près, des villages où les pratiques agricoles passent de père en fils depuis des générations, des ateliers rustiques où l’on tamise la poudre dorée dans la chaleur sèche du Rif. Le Haschisch Maroc n’est pas seulement un produit, c’est un héritage culturel qui traverse les siècles. Les noms de variétés comme Beldia, Ketama, Caramelo ou Mohammed VI sont devenus familiers des amateurs européens, souvent sans que ceux-ci connaissent l’histoire exacte qu’ils recouvrent. Chez Justbob, boutique en ligne spécialisée dans les dérivés du chanvre industriel européen, nous consacrons ce guide à la tradition marocaine du haschisch, dans une perspective historique, botanique et culturelle, et nous rappelons le cadre légal français qui encadre la commercialisation des produits du chanvre.
Cet article traverse la géographie du Rif, les variétés emblématiques, les techniques traditionnelles de tamisage, l’évolution récente du marché marocain (y compris la légalisation partielle de 2021) et la place du haschich CBD européen dans ce paysage. Tout est présenté dans le respect du cadre légal français, où seuls les dérivés de chanvre industriel contenant moins de 0,3% de THC sont autorisés pour un usage technique, scientifique ou ornemental.
Le Rif marocain : berceau d’une tradition ancienne
Le Rif, chaîne montagneuse du nord du Maroc, est la région historique de production du haschich marocain. Les provinces d’Al Hoceima, de Chefchaouen, de Taounate et, surtout, de Ketama concentrent l’essentiel de la production traditionnelle. La culture du chanvre y est attestée depuis au moins le XVe siècle, avec une forte expansion au XIXe siècle sous l’influence des échanges commerciaux avec l’Europe.
Plusieurs facteurs expliquent la concentration de la production dans cette région :
- Un climat méditerranéen sec, favorable au séchage et à la conservation de la résine
- Des sols bien drainés, adaptés à la culture de variétés locales robustes
- Une altitude moyenne (souvent entre 800 et 1800 mètres), qui protège la plante des ravageurs et favorise la production de trichomes
- Un savoir-faire transmis de génération en génération dans les villages berbères
Le Rif central, autour de Ketama, est particulièrement reconnu pour la qualité de sa production. Les villages berbères y ont développé une culture entière autour de la plante, qui constitue souvent une source économique importante, même si le cadre légal reste complexe et en évolution. Les données sur le sujet sont documentées par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), qui publie régulièrement des rapports sur la culture marocaine.
Petite curiosité culturelle : la ville de Chefchaouen, fondée en 1471 par les Berbères morisques chassés d’Andalousie après la Reconquista, est souvent appelée la « porte du Rif ». Ses ruelles aux murs peints en bleu, devenues une icône visuelle mondiale, marquent l’entrée des vallées historiques de production. Les ethnographes français du début du XXe siècle documentent par ailleurs l’usage traditionnel du kif, mot d’origine arabe qui signifie plaisir : il désignait un mélange de feuilles de chanvre finement hachées et de tabac, préparé bien avant l’essor du hash pressé en barrette, qui reste historiquement plus tardif dans la région.
À lire aussi : Pollen cannabis et kief CBD : guide complet – Justbob
La Beldia : la variété locale originelle
La Beldia (du mot arabe baldiya, qui signifie « locale », « du pays ») est la variété historique du Rif. C’est une lignée ancienne de chanvre, adaptée au climat et aux sols locaux par des siècles de sélection paysanne. Ses caractéristiques distinctives sont les suivantes :
- Une taille réduite, entre 80 cm et 1,50 m, avec une floraison rapide
- Une résistance aux conditions climatiques difficiles du Rif
- Un profil aromatique herbacé, terreux, aux notes rustiques
- Une production de trichomes moyenne mais très caractéristique
La Beldia est considérée comme la « variété ancestrale » du Maroc. Elle donne un haschich de couleur brun clair à brun foncé, avec une texture ferme et un profil aromatique traditionnel. Depuis les années 2000, la culture de la Beldia a fortement reculé au profit de variétés hybrides importées, plus productives mais moins authentiques. Certains producteurs et organismes de préservation travaillent à la conservation de cette lignée historique.
La Ketama : nom de lieu, nom de légende
La Ketama est à la fois le nom d’une région du Rif (autour du village éponyme) et le nom générique donné à certaines variétés de haschich qui en sont issues. Plus qu’une variété unique, c’est un label géographique qui désigne les produits originaires de cette zone.
Les hash « Ketama » peuvent se décliner en plusieurs sous-catégories selon la qualité :
- Ketama standard : hash de qualité courante, brun foncé, pressé fermement
- Ketama gold : hash de qualité supérieure, aux reflets dorés
- Ketama cream : qualité haut de gamme, avec une finesse particulière de tamisage
Le nom « Ketama » est devenu un symbole dans la culture populaire européenne. Il figure dans des chansons, des films, des romans. Ce succès culturel a également produit beaucoup de hash vendus sous cette appellation sans provenir réellement de la région, ce qui complique la traçabilité réelle des produits et la distinction entre authentique et imitation.
Caramelo et Mohammed VI : les hash blond doré et les appellations haut de gamme
Le Caramelo (ou « caramel ») est une variété de haschisch marocain reconnaissable à sa couleur brun clair doré, qui rappelle celle du caramel. Sa texture est malléable, presque plastique, et son profil aromatique privilégie les notes sucrées et résineuses. Ses caractéristiques traditionnelles : une couleur dominante brun clair à blond doré ; une texture souple et malléable qui permet un façonnage sans effort ; un profil aromatique doux et résineux ; une finesse de tamisage supérieure à la Beldia standard. Le Caramelo est produit par un pressage particulier, qui libère une partie des huiles de la résine sans altérer la couleur ; il est souvent considéré comme une qualité « intermédiaire » entre le hash standard et les pièces haut de gamme.

Le Mohammed VI (parfois abrégé « M6 ») est, lui, le nom donné à une catégorie de hash marocain haut de gamme, associée par usage au roi du Maroc. Il ne s’agit pas d’une variété officiellement enregistrée, mais d’une appellation commerciale qui désigne les hashs les plus fins et les plus travaillés de la production rifaine. Les caractéristiques attribuées au Mohammed VI : une finesse de tamisage exceptionnelle (le hash passe parfois par 6 ou 7 tamis successifs) ; une couleur allant du blond doré au brun clair ; une texture veloutée, presque soyeuse au toucher ; un profil aromatique complexe, avec des notes florales et boisées. Comme toute appellation sans contrôle officiel, le Mohammed VI circule dans des qualités très variables : seuls les ateliers réputés et les producteurs directs connaissent la procédure exacte qui justifie le nom. La qualité réelle dépend toujours du maître artisan qui a préparé le produit.
Techniques traditionnelles : le tamisage rifain
La méthode traditionnelle marocaine de fabrication du haschisch est le Dry-Sift (tamisage à sec). Elle se pratique dans les villages du Rif selon des gestes transmis de génération en génération :
- Après la récolte, les fleurs de chanvre sont séchées en plein air, à l’ombre, pendant plusieurs jours
- Une fois séchées, elles sont déposées sur un premier tamis grossier tendu sur un cadre en bois
- Le cadre est agité délicatement au-dessus d’un second tamis plus fin
- Les trichomes tombent à travers les mailles tandis que les résidus végétaux restent au-dessus
- La poudre recueillie est ensuite pressée entre deux plaques, souvent avec une simple pression manuelle ou un poids
La finesse des tamis détermine la qualité du produit final. Un « premier pull » (la première passe, avec la maille la plus grossière) donne un hash moins fin mais très aromatique. Les « pulls » suivants, avec des tamis plus fins, produisent des qualités croissantes. Le « septième pull » est parfois considéré comme le nec plus ultra, rare et très aromatique.
Chaque variété marocaine présente un profil aromatique distinctif, lié à la génétique, au climat et à la technique. Les terpènes dominants identifiés dans les variétés marocaines sont le myrcène, aux notes herbacées et terreuses, dominant dans la Beldia ; le bêta-caryophyllène, aux notes épicées et poivrées, fréquent dans les hash pressés ; le linalool, aux notes florales, présent dans certaines qualités haut de gamme ; le pinène, aux notes boisées et résineuses. Ces molécules volatiles expliquent les différences olfactives entre une Beldia rustique et un Mohammed VI raffiné. Les hashs marocains sont généralement reconnus pour leur profil riche, équilibrant des notes terreuses, épicées et résineuses, avec des nuances florales dans les qualités supérieures.
Cadre légal au Maroc : une évolution récente et un enjeu économique
Le cadre légal marocain concernant le cannabis a connu une évolution significative en 2021. La loi 13-21, adoptée en mai 2021, a autorisé la culture, la transformation et la commercialisation du cannabis à des fins médicales, cosmétiques et industrielles, sous le contrôle d’une agence dédiée, l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC).
Les principaux points de cette réforme :
- Création de zones géographiques autorisées, correspondant essentiellement aux provinces historiques de production (Al Hoceima, Chefchaouen, Taounate)
- Mise en place d’un système de licences pour les coopératives agricoles
- Sélection de variétés autorisées avec encadrement des semences
- Développement d’une filière exportation légale vers les marchés internationaux du CBD
Cette réforme marque un tournant dans la filière marocaine. Elle vise à réguler un secteur économique historique et à ouvrir des débouchés légaux à l’exportation, notamment vers l’Europe. La production hors cadre légal reste en revanche sanctionnée, même si l’application varie selon les régions.
La culture du chanvre dans le Rif représente une réalité économique et sociale complexe : les données publiées par les agences internationales font état de plusieurs dizaines de milliers d’hectares cultivés historiquement, avec des variations importantes selon les années et les politiques publiques marocaines. Les familles du Rif ont longtemps vu dans cette culture une source économique majeure, dans une région où les alternatives agricoles restent limitées par la nature montagneuse du terrain. La réforme de 2021 cherche précisément à offrir un cadre légal durable, en orientant la production traditionnelle vers des marchés légaux (cosmétique, usage industriel du chanvre, CBD légal). Le succès de cette transition dépend de plusieurs facteurs : le prix payé au producteur, la certification des lots, les débouchés à l’export et l’accompagnement technique des coopératives agricoles.
À lire aussi : Hachiche : histoire, origine et variétés – Justbob
Hachich marocain et haschisch CBD européen : similitudes, différences et cadre français
Les ateliers européens contemporains (italiens, espagnols, néerlandais) qui produisent du haschisch CBD à partir de chanvre industriel ont souvent hérité des techniques marocaines, tout en les adaptant aux variétés légales et aux standards européens. Voici un tableau comparatif :
| Critère | Haschisch marocain traditionnel | Haschisch CBD européen |
|---|---|---|
| Origine géographique | Rif marocain | Italie, Espagne, Pays-Bas, France |
| Variété de chanvre | Beldia locale ou hybrides importées | Variétés certifiées UE (moins de 0,3% THC) |
| Technique principale | Dry-Sift traditionnel | Dry-Sift, Ice-o-lator, Rosin |
| Couleur | Brun clair à brun foncé | Beige à brun, parfois blond doré |
| Cadre légal en France | Interdit à l’importation | Autorisé si moins de 0,3% THC |
| Usage | Variable | Technique, ornemental, scientifique |
Le haschisch CBD européen est donc une filière légale qui s’inspire des traditions marocaines mais respecte le cadre réglementaire européen et français. Les consommateurs français qui s’intéressent aux traditions de la résine peuvent découvrir ces produits, ainsi que les extraits CBD obtenus selon des techniques voisines, dans les boutiques et sites e-commerce déclarés.

En France, la législation est claire : seuls les dérivés de chanvre industriel certifiés (Cannabis sativa L., variétés inscrites au catalogue commun européen) contenant moins de 0,3% de THC peuvent être commercialisés. Cela s’applique aux hashs CBD européens, mais pas aux hashs marocains traditionnels qui dépassent généralement ce seuil. Le cadre complet comprend : l’arrêté du 30 décembre 2021 et les décisions du Conseil d’État ; l’obligation d’analyses de laboratoire pour chaque lot ; la restriction d’usage (technique, scientifique, ornemental) ; l’interdiction de tout claim alimentaire ou de tout claim relatif à la santé. Le cadre juridique est consultable sur Legifrance et les données de marché sur le portail de l’OFDT.
Conclusion : une tradition qui inspire la filière CBD
Le hachich Maroc est bien plus qu’un produit : c’est un patrimoine culturel, agricole et artisanal. Les variétés historiques comme la Beldia, la Ketama, le Caramelo ou le Mohammed VI incarnent des savoir-faire transmis de génération en génération dans les villages du Rif. La filière CBD européenne, en s’inspirant de ces techniques, contribue aujourd’hui à faire connaître cet héritage dans un cadre légal conforme à la réglementation française.
Pour découvrir les sélections de haschisch CBD, de fleurs CBD, d’extraits CBD et d’huile de CBD issus de chanvre industriel européen, analysés en laboratoire et présentés dans le respect du cadre légal français pour un usage technique, ornemental et de collection, consultez le catalogue Justbob.
Questions fréquentes sur le hachich maroc
Qu’est-ce que la variété Beldia ?
La Beldia est la variété historique de chanvre du Rif marocain. Son nom vient de l’arabe baldiya, qui signifie « locale » ou « du pays ». Elle se caractérise par une taille réduite, une résistance aux conditions climatiques du Rif, une floraison rapide et un profil aromatique rustique aux notes herbacées et terreuses. Elle produit un haschich de couleur brun clair à brun foncé. Depuis les années 2000, sa culture a reculé au profit de variétés hybrides plus productives, mais certains producteurs travaillent à sa préservation.
D’où vient le nom « Ketama » du hash marocain ?
Ketama est le nom d’un village et d’une région du Rif central marocain, reconnue pour sa production traditionnelle de haschich. Le nom a été étendu pour désigner les hashs originaires de cette zone, puis est devenu un label géographique générique. Les produits Ketama se déclinent en plusieurs qualités (standard, gold, cream) selon la finesse du tamisage. L’appellation est aujourd’hui utilisée bien au-delà de la région d’origine, ce qui complique l’identification des produits réellement issus de Ketama.
Le hachich marocain peut-il être importé légalement en France ?
Non. La législation française n’autorise que les dérivés de chanvre industriel certifiés (Cannabis sativa L., variétés inscrites au catalogue commun européen) contenant moins de 0,3% de THC. Les hashs marocains traditionnels dépassent généralement ce seuil et sont donc interdits à l’importation. Seuls les haschichs CBD produits en Europe à partir de variétés légales, en respectant le seuil réglementaire, peuvent être commercialisés en France pour un usage technique, scientifique ou ornemental.
Quelle est la réforme marocaine du cannabis de 2021 ?
La loi 13-21, adoptée au Maroc en mai 2021, a autorisé la culture, la transformation et la commercialisation du cannabis à des fins médicales, cosmétiques et industrielles. L’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC) supervise le dispositif. La réforme concerne les provinces historiques de production (Al Hoceima, Chefchaouen, Taounate), introduit un système de licences pour les coopératives et vise à développer une filière exportation légale, notamment vers les marchés européens du CBD.
Qu’est-ce que le hash « Mohammed VI » ?
Mohammed VI (parfois abrégé M6) est une appellation commerciale donnée aux hashs marocains haut de gamme, associée par usage au roi du Maroc. Il ne s’agit pas d’une variété officiellement enregistrée, mais d’un label désignant les hashs les plus fins et les plus travaillés, avec plusieurs tamisages successifs (souvent 6 ou 7), une texture veloutée et un profil aromatique complexe aux notes florales et boisées. Comme toute appellation non contrôlée, la qualité réelle varie selon l’atelier qui prépare le produit.








