Changé le: 11/05/2026
La salvia divinorum est une plante mexicaine classée comme substance réglementée en France depuis 2005, son commerce et sa détention sont strictement interdits
La Salvia divinorum est une plante endémique des montagnes mazatèques de l’état mexicain d’Oaxaca. Botaniquement éloignée du chanvre (Cannabis sativa L.), elle fait pourtant l’objet de recherches fréquentes associant les deux plantes dans le moteur Google, en raison d’une confusion entourant les plantes dites psychoactives. Ce guide retrace l’histoire botanique de la Salvia, son statut légal français strict, la chimie de la salvinorine A et la distinction fondamentale avec les produits CBD légaux commercialisés par Justbob. Approche strictement informative, destinée à clarifier le cadre réglementaire en vigueur.
En France, la question du statut légal est tranchée depuis 2005. La doctrine juridique française, codifiée par le Code de la santé publique, établit que la Salvia divinorum est inscrite sur la liste des substances réglementées depuis l’arrêté signé par Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé. Son commerce, sa détention, sa vente en ligne et son importation sont donc strictement interdits, sous peine des sanctions prévues par le Code pénal. Cette clarification est essentielle pour éviter toute confusion avec d’autres plantes, notamment le chanvre industriel (Cannabis sativa L.) dont les dérivés CBD sont, eux, légalement commercialisables depuis l’arrêté du 30 décembre 2021 et l’arrêt Kanavape de la CJUE.
Salvia divinorum : une plante de la famille des Lamiacées
La Salvia divinorum appartient à la famille botanique des Lamiacées, la même que la menthe, le basilic, la sauge officinale ou la lavande. Sur le plan morphologique, elle ressemble à une sauge classique : feuilles larges de forme ovale, pouvant atteindre 15 à 25 centimètres de long, tiges carrées caractéristiques des Lamiacées, fleurs blanches ou violettes d’environ 3 centimètres. La plante adulte atteint 1 à 1,5 mètre de hauteur en milieu naturel.
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Son aire de répartition naturelle se limite aux régions montagneuses de la Sierra Mazateca, dans l’état d’Oaxaca au sud du Mexique, entre 300 et 1800 mètres d’altitude. Elle pousse dans les zones boisées humides, à l’ombre partielle, avec un sol riche en humus. Cette spécialisation écologique explique pourquoi la plante est endémique et n’a pas de populations sauvages en dehors de cette région restreinte. L’espèce a été décrite scientifiquement en 1962 par le botaniste suédois Carl Epling et son collaborateur Carlos D. Jativa, qui en ont établi le nom binominal.
Sa reproduction présente une particularité botanique : la plante est quasi-sterile sur le plan sexuel (faible taux de formation de graines viables) et se reproduit principalement par bouturage. Cette caractéristique génétique suggère une longue histoire de domestication humaine, probablement millénaire, par les peuples mazatèques qui en cultivaient des clones sélectionnés.
Usage traditionnel mazatèque : un contexte rituel ancien
L’usage traditionnel de la plante par les Mazatèques d’Oaxaca est documenté par l’ethnobotanique depuis les années 1930-1940. Dans cette culture, la Salvia divinorum était intégrée à des pratiques cérémonielles conduites par des guérisseurs appelés curanderos, dans un cadre rituel strictement contrôle. Les noms traditionnels locaux incluent “ska Maria Pastora” (feuille de Marie la Bergère) ou “la pastora”, témoignant d’une syncrétisme avec le catholicisme introduit après la conquête espagnole du XVIe siècle.
L’étude scientifique occidentale a débuté en 1962 avec les expéditions du botaniste R. Gordon Wasson, ethnomycologue américain pionnier, accompagné du chimiste Albert Hofmann (également connu pour la découverte du LSD en 1938). Ces expéditions ont permis de collecter les premiers spécimens étudiés dans les laboratoires européens et de documenter les pratiques rituelles locales. Il faut souligner que ces usages traditionnels s’inscrivaient dans un cadre culturel et religieux très spécifique, sans aucune comparaison possible avec une utilisation récréative hors contexte.
Depuis cette identification scientifique, la plante a fait l’objet de publications universitaires indexées sur PubMed. Selon Siebert (2002) dans Journal of Ethnopharmacology, les usages cérémoniels mazatèques présentaient des protocoles rituels codifiés, très éloignés des pratiques d’auto-consommation documentées sur les marchés illégaux occidentaux.
Chimie : la salvinorine A, un composé unique
Le principe actif principal de la Salvia divinorum est la salvinorine A, une molécule diterpène neo-clerodane identifiée dans les années 1980 par les chimistes Alfredo Ortega (Mexique) et Leander Valdes (États-Unis). Cette molécule présente une particularité structurelle : contrairement à la plupart des substances psychoactives classiques, elle ne contient aucun atome d’azote et n’appartient donc pas à la famille des alcaloïdes.


Sur le plan pharmacologique, la salvinorine A est connue dans la littérature scientifique pour son affinité élevée avec les récepteurs kappa-opioides du cerveau humain, mécanisme d’action très différent de celui du THC (récepteurs CB1) ou des alcaloïdes classiques. La recherche pharmaceutique étudie cette spécificité d’un point de vue académique fondamental, sans implication commerciale pour le consommateur général.
La teneur en salvinorine A varié considérablement selon les parties de la plante, l’age des feuilles, les conditions de culture et le stade de récolté. Cette variabilité est l’une des raisons pour lesquelles les autorités sanitaires de nombreux pays ont considère la plante comme imprévisible et ont opté pour une réglementation restrictive. Les études de Roth et collaborateurs (Proceedings of the National Academy of Sciences, 2002) ont documenté le mécanisme d’action de la molécule sur les récepteurs kappa-opioides.
Statut légal en France : interdite depuis le 3 mars 2005
En France, le statut légal de la Salvia divinorum est clair et sans ambiguite : la plante est classée comme substance réglementée depuis l’arrêté du 3 mars 2005, signé par Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé et des Solidarités. L’arrêté, publié au Journal Officiel, a inscrit la Salvia divinorum et la salvinorine A sur la liste des substances classées comme stupéfiants au sens du Code de la santé publique français.
Les conséquences juridiques de cette classification sont strictes :
- La production, la détention, la vente, l’importation et l’usage de la plante et de ses dérivés sont interdits sur le territoire français
- Les sanctions pénales applicables sont celles prévues aux articles L.5132-8 et suivants du Code de la santé publique, ainsi qu’aux articles du Code pénal relatifs aux stupéfiants
- Les boutiques en ligne qui proposaient la Salvia avant 2005 ont du retirer la plante de leur catalogue
- L’importation postale depuis des pays ou la plante est légale (Mexique, certains états américains, Pays-Bas partiellement) est interdite à l’entrée sur le territoire français
- Les graines et boutures entrent également dans le champ de l’interdiction
La France figure parmi les premiers pays européens a avoir adopte une classification restrictive de la Salvia divinorum. D’autres pays européens ont suivi (Belgique 2006, Italie 2009, Allemagne 2008) ou maintenu des statuts variables. Aux États-Unis, la réglementation varie d’un état à l’autre. Au Mexique, la plante n’est pas formellement classée comme substance réglementée fédérale, mais son commerce est strictement encadré dans le pays d’origine.
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Distinction fondamentale avec le chanvre industriel et le CBD
Il est essentiel de distinguer la Salvia divinorum (plante réglementée) du chanvre industriel (Cannabis sativa L., plante agricole inscrite au Catalogue commun européen des espèces agricoles, Reg. UE 1307/2013). Ces deux plantes n’ont strictement rien en commun :
- Famille botanique : Salvia divinorum est une Lamiacée (famille de la menthe) ; le chanvre est une Cannabacee (famille du houblon)
- Molécules actives : la Salvia contient la salvinorine A (diterpène sans azote) ; le chanvre contient des cannabinoïdes (CBD, CBG, CBN, ainsi que le THC réglementé)
- Statut légal français : la Salvia est une substance réglementée depuis 2005 ; le chanvre industriel est cultive légalement en France depuis des siècles, et ses dérivés CBD sont autorisés à la vente depuis l’arrêté du 30 décembre 2021
- Origine géographique : Salvia est endémique du Mexique (Oaxaca) ; le chanvre est cultive sur tous les continents depuis plusieurs millénaires
- Mécanisme pharmacologique : Salvia agit sur les récepteurs kappa-opioides ; le chanvre agit (via le THC) sur les récepteurs CB1, ou (via le CBD) sur le système endocannabinoïde sans effet psychotrope
Cette distinction est importante juridiquement et chimiquement. Le CBD issu de chanvre industriel européen, avec un taux de THC inférieur à 0,3%, est autorisé à la vente en France suite à l’arrêt Kanavape de la CJUE du 19 novembre 2020 (affaire C-663/18) et à l’arrêté du 30 décembre 2021, confirmé par le Conseil d’État le 29 décembre 2022. Les fleurs CBD Justbob, les résines hash CBD et les huiles de CBD relevent de ce cadre légal autorise.


Pourquoi la Salvia est-elle réglementée et le CBD autorise ?
La question de la distinction juridique merite une explication. Les autorités françaises et européennes ont adopté des approches différentes pour ces deux plantes :
- La Salvia divinorum a été classée comme stupéfiant en 2005 sur la base d’avis sanitaires de la Commission des stupéfiants et psychotropes de l’AFSSAPS (aujourd’hui ANSM), qui ont documenté des risques liés à la salvinorine A et aux effets imprévisibles de la plante
- Le chanvre industriel a été progressivement réintégré dans le cadre agricole européen via le Catalogue commun des espèces végétales (Reg. UE 1307/2013), avec un seuil de 0,3% de THC fixé pour encadrer la commercialisation des produits dérivés
- Le CBD, molécule non psychotrope, a bénéficié de l’arrêt Kanavape (CJUE 2020) qui a rappelé le principe de libre circulation des produits conformes au sein de l’Union européenne
Cette différence de traitement reflète les avis scientifiques et sanitaires distincts rendus sur chaque plante. La salvinorine A a été considérée comme une molécule à profil pharmacologique nécessitant un encadrement strict, tandis que le CBD a été reconnu comme non-addictogene par l’Organisation mondiale de la santé (rapport OMS, novembre 2017 et novembre 2018), justifiant un traitement réglementaire différent. Le Comite d’experts de la pharmacodependance de l’OMS (ECDD) a conclu que le CBD, dans son profil d’usage courant, ne présente pas de risque d’abus ou de dépendance comparable aux substances réglementées classiques, ouvrant la voie à son intégration dans les cadres réglementaires nationaux de nombreux pays européens. En France, la reconnaissance de ce profil scientifique distinct a conduit à la formulation de l’arrêté du 30 décembre 2021, qui fixe désormais les modalités de commercialisation des dérivés de chanvre industriel.
Les alternatives légales en France : le catalogue CBD Justbob
Pour les utilisateurs intéressés par les produits dérivés de plantes, le cadre légal français permet l’accès aux dérivés CBD du chanvre industriel. Le catalogue Justbob proposé une sélection complète :
- Fleurs CBD issues de chanvre industriel européen certifié
- Résines hash CBD produites en Italie, Espagne, Pays-Bas, France
- Huiles de CBD en différentes concentrations, destinées à un usage technique ou ornemental
- Extraits CBD dont moonrock, icerock et piatella
Tous les produits commercialisés par Justbob sont accompagnés d’un certificat d’analyse par lot attestant de la conformité à la législation française : teneur en CBD, THC inférieur à 0,3%, absence de pesticides et de métaux lourds. Ces produits sont destinés aux personnes majeures (18+), pour un usage technique, scientifique ou ornemental, conformément au cadre réglementaire en vigueur.
Ressources documentaires et sources officielles
Pour approfondir le cadre réglementaire français et européen applicable aux substances psychoactives et au CBD, plusieurs sources officielles sont disponibles :
- Legifrance : texte intégral de l’arrêté du 3 mars 2005 et de l’arrêté du 30 décembre 2021
- ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) : avis scientifiques sur les substances réglementées
- MILDECA (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives) : documentation sur les plantes psychoactives et la politique publique
- EMCDDA (European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction) : rapports techniques sur les substances emergentes en Europe
- OFDT (Observatoire français des drogues et des tendances addictives) : données épidémiologiques et enquêtes
Ces ressources institutionnelles constituent la référence fiable pour toute question de droit français ou européen sur les substances. Elles sont complétées, pour la recherche scientifique, par les bases de données académiques PubMed, Science Direct et Google Scholar. Le recours systématique à des sources officielles et revues par les pairs est la meilleure garantie d’information fiable sur un sujet ou circulent encore de nombreuses idées reçues et informations obsolètes.
Questions fréquentes sur la Salvia divinorum
Qu’est-ce que la Salvia divinorum exactement ?
La Salvia divinorum est une plante de la famille des Lamiacées (même famille que la menthe et la sauge officinale), endémique des montagnes mazatèques de l’état mexicain d’Oaxaca. Elle a été décrite scientifiquement en 1962 par Carl Epling. Sa principale molécule active est la salvinorine A, un diterpène neo-clerodane identifié dans les années 1980. En France, la plante est classée comme substance réglementée depuis l’arrêté du 3 mars 2005.
La Salvia divinorum est-elle légale en France ?
Non. La Salvia divinorum et son principe actif la salvinorine A sont classés comme substances réglementées (stupéfiants) en France depuis l’arrêté du 3 mars 2005, signé par Xavier Bertrand alors ministre de la Santé. La production, la détention, la vente, l’importation et l’usage sont strictement interdits sur le territoire français, sous peine des sanctions prévues par le Code de la santé publique et le Code pénal.
Quelle est la différence avec le CBD du chanvre industriel ?
La Salvia divinorum et le chanvre industriel (Cannabis sativa L.) sont deux plantes botaniquement distinctes : Lamiacée pour la première, Cannabacee pour la seconde. Elles contiennent des molécules différentes (salvinorine A vs cannabinoïdes) et leurs statuts légaux sont opposés en France : Salvia est réglementée depuis 2005, tandis que le CBD issu de chanvre industriel (THC sous 0,3%) est autorisé à la vente depuis l’arrêté du 30 décembre 2021 et l’arrêt Kanavape de la CJUE (2020).
Quelles sont les alternatives légales en France ?
Pour les utilisateurs intéressés par les plantes dérivées du chanvre dans un cadre légal français, le CBD issu de variétés de chanvre industriel inscrites au Catalogue commun européen représente une option autorisée. Les fleurs CBD, résines hash CBD et huiles de CBD commercialisées par Justbob respectent le seuil de 0,3% de THC total et sont destinées à un usage technique, scientifique ou ornemental, réservé aux personnes majeures.






