Publié le: 19/01/2026
Entre rituels anciens remontant à 2 500 ans, brownies au cannabis de 385 kilos et plantes de sept mètres de haut, ces records révèlent la richesse d’un patrimoine à la fois botanique et culturel
Le cannabis est l’une de ces plantes qui traversent l’histoire de l’humanité en laissant des traces partout : dans les champs cultivés par les premiers agriculteurs, dans les textes médicaux anciens, dans les rituels religieux, dans les laboratoires de recherche contemporains. Autour de cette espèce végétale se sont accumulés des données, des records et des histoires qui surprennent souvent même ceux qui la connaissent bien d’un point de vue botanique, historique ou scientifique. Certains chiffres semblent presque exagérés, certaines histoires semblent sortir d’un livre de curiosités, d’autres encore ouvrent des fenêtres sur des périodes très lointaines dans le temps.
Avant de se lancer dans ce voyage entre records et chiffres insolites, il est toutefois important de clarifier un point de manière simple et directe. Cet article a été rédigé pour satisfaire la curiosité de ceux qui aiment approfondir, étudier et comprendre les phénomènes culturels et scientifiques liés au cannabis légal et au CBD. Il n’a en aucun cas pour but d’encourager la consommation de substances, ni même des pratiques illégales. Les lois varient d’un pays à l’autre et, parfois, d’une région à l’autre : il est toujours essentiel de s’informer et de les respecter. Nous parlons ici de faits documentés, d’études scientifiques et de cas historiques avec un regard informatif et prudent, en pensant à des lecteurs exigeants qui apprécient la précision sans renoncer au plaisir de la découverte.
Cela étant dit, nous pouvons entrer dans le vif du sujet et découvrir sept records liés au cannabis qui en disent beaucoup plus qu’il n’y paraît à première vue.
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La plante cultivée par l’homme depuis le plus longtemps
L’un des records les plus fascinants concerne l’ancienneté de la relation entre l’homme et le cannabis. Les preuves archéobotaniques indiquent que le Cannabis sativa L. est l’une des premières plantes jamais cultivées, avec des vestiges remontant à plus de 10 000-12 000 ans. En termes historiques, cela signifie qu’il se situe aux origines de l’agriculture, lorsque les communautés humaines abandonnaient progressivement la vie nomade pour s’organiser en sociétés sédentaires.
Sur les sites de la culture Yangshao, le long du fleuve Jaune en Chine, des graines et des traces de fibres ont été découvertes, témoignant d’une utilisation précoce du cannabis, principalement à des fins textiles et alimentaires. Des tissus, des cordes, des filets et probablement aussi des vêtements ont accompagné le développement des premières communautés agricoles. Des découvertes similaires ont également été faites sur les îles Oki, au Japon, confirmant une diffusion très ancienne et géographiquement étendue.
Les chercheurs s’accordent à considérer le cannabis comme une culture pionnière, capable de s’adapter à différents climats et sols, avec une croissance rapide et un rendement élevé en termes de fibres. Ce sont précisément ces caractéristiques qui en ont fait une ressource précieuse pour les sociétés archaïques. Au fil des millénaires, la sélection artificielle opérée par les premiers agriculteurs a conduit à une différenciation nette entre les variétés à faible teneur en THC, destinées à la production de chanvre industriel, et les variétés aux profils chimiques différents, utilisées dans certains contextes rituels ou thérapeutiques en Asie centrale.
Cette primauté temporelle en dit long sur le lien profond qui unit les êtres humains et les plantes, et aide à comprendre pourquoi le cannabis occupe une place si particulière dans l’histoire agricole mondiale.
Le fumeur le plus prolifique de l’histoire documentée
Lorsqu’il s’agit de records liés à la consommation, il faut faire preuve d’une grande prudence. Le cas d’Irvin Rosenfeld est souvent cité car il représente une situation unique et strictement réglementée, s’inscrivant dans un contexte médical et institutionnel très spécifique.
Rosenfeld est le patient le plus ancien du programme américain Compassionate Investigational New Drug (IND), lancé en 1978 et fermé aux nouvelles inscriptions en 1992. Depuis 1982, il reçoit chaque mois, directement du gouvernement fédéral américain, des boîtes de cannabis produites à l’université du Mississippi. Cette fourniture était destinée au traitement d’une exostose multiple grave, une pathologie rare et douloureuse.
En 2014, Rosenfeld a documenté la consommation de plus de 115 000 cigarettes de cannabis pré-roulées fournies par l’État. Un chiffre impressionnant, qui fait de lui le sujet ayant la consommation la plus élevée jamais enregistrée de manière officielle et continue. Son cas est devenu une référence dans la littérature clinique car, malgré des décennies d’exposition à des doses élevées de THC, aucun déficit cognitif significatif ni aucun dommage pulmonaire notable n’ont été constatés. Rosenfeld a conservé une pleine capacité de travail dans le secteur financier, participant également à des conférences et à des audiences publiques.
Il est essentiel de rappeler que ce cas ne constitue ni un modèle ni une invitation, mais une exception étudiée dans un contexte médical très contrôlé. C’est précisément pour cette raison qu’il continue d’être analysé par des chercheurs et des cliniciens.
Le brownie au cannabis de 385 kilos
En 2021, la société MariMed, basée dans le Massachusetts, a établi un record hors norme en fabriquant un brownie au cannabis pesant 385 kilos, soit environ 850 livres. Cette initiative avait un but festif : le lancement de la marque Bubby’s Baked sur le marché réglementé américain.
Derrière ce record se cache une complexité technique remarquable. Le gâteau contenait 20 000 milligrammes de THC et nécessitait un contrôle extrêmement précis de la répartition des cannabinoïdes afin de garantir l’homogénéité de la pâte. Les ingrédients utilisés donnent une idée de l’ampleur de l’opération : 1 300 œufs, 36 kilogrammes de farine et un gigantesque moule de 90 cm sur 90 cm.
D’un point de vue biochimique, le véritable défi a été de stabiliser l’émulsion lipidique nécessaire pour incorporer le distillat de cannabis dans une masse aussi importante. En effet, lors d’une cuisson prolongée, le tétrahydrocannabinol peut se dégrader s’il n’est pas correctement géré. Le résultat final a représenté un exercice d’ingénierie alimentaire plutôt qu’un simple coup publicitaire.
Dans ce cas également, il convient de rappeler qu’il s’agit d’un événement de démonstration s’inscrivant dans un contexte juridique spécifique, avec des règles strictes sur la production et la destination du produit.


La plante de cannabis la plus haute jamais enregistrée
Le cannabis est classé comme une plante herbacée, mais sa capacité de croissance peut atteindre des niveaux surprenants. En 2021, en Californie, Applied Cannabis Sciences a certifié une plante de chanvre industriel mesurant 7 mètres et 34 centimètres.
Ce résultat a été obtenu grâce à une combinaison de sélection génétique ciblée et d’un régime nutritionnel étudié pour maximiser la phase végétative. Les variétés de cannabis appartiennent au groupe des plantes C3, caractérisées par une grande efficacité dans la photosynthèse et la fixation du carbone. Dans des conditions optimales, cela se traduit par une croissance très rapide et une production importante de biomasse.
Le Guinness World Records ne certifie pas officiellement les records liés au cannabis en raison de sa politique interne, mais la mesure a été validée par des protocoles agronomiques rigoureux. Au-delà du record en soi, cette donnée renforce l’intérêt scientifique pour le chanvre en tant que ressource pour la construction durable, la production de bioplastiques et d’autres matériaux innovants.
L’une des plantes au profil aromatique le plus complexe au monde
Parmi les records les moins visibles mais les plus fascinants, il y a celui lié à la complexité chimique du cannabis. Cette plante est considérée comme l’une des plus riches du règne végétal en composés organiques volatils. Outre les cannabinoïdes les plus connus, elle produit plus de 200 terpènes et terpénoïdes dans ses trichomes glandulaires.
Cette extraordinaire diversité est à l’origine de profils aromatiques qui peuvent varier énormément, allant de notes d’agrumes à des senteurs épicées, terreuses ou florales. D’un point de vue scientifique, les terpènes jouent un rôle qui va au-delà de l’arôme. Le concept d’« effet d’entourage » décrit la synergie entre les cannabinoïdes et les terpènes dans la modulation de l’interaction avec les récepteurs CB1 et CB2 du système endocannabinoïde humain.
Le myrcène, le limonène, le caryophyllène et de nombreux autres composés contribuent à faire du cannabis un sujet d’étude unique pour la pharmacologie moderne et même pour l’industrie des parfums naturels. Ce record de complexité chimique explique pourquoi la plante continue d’attirer l’attention des chercheurs dans des domaines très différents.


Les plus anciennes preuves d’euphorie : il y a 2 500 ans
En 2019, une étude publiée dans la revue Science Advances a mis en lumière une découverte qui a fait débat dans le monde universitaire. En analysant des vestiges découverts dans le cimetière de Jirzankal, dans les montagnes du Pamir, dans l’ouest de la Chine, les archéologues ont trouvé des preuves de l’utilisation de cannabis à forte teneur en THC datant d’environ 2 500 ans.
Les chercheurs ont utilisé la chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse pour examiner les résidus organiques présents dans d’anciens braseros en bois. Les résultats ont révélé des biomarqueurs de cannabis avec des concentrations de THC supérieures à celles du chanvre sauvage de l’époque. Cela suggère que les populations locales avaient déjà développé une forme de sélection phénotypique, privilégiant les plantes aux propriétés psychoactives plus marquées.
Selon l’interprétation des chercheurs, le cannabis était brûlé sur des pierres chaudes lors de cérémonies rituelles et funéraires, l’inhalation des vapeurs faisant partie intégrante du rituel. Ce témoignage historique fournit une preuve directe de pratiques culturelles complexes et de connaissances botaniques étonnamment avancées pour l’époque.
Le produit à base de cannabis le plus cher jamais vendu
Le concept de luxe extrême a trouvé une déclinaison particulière sur le marché légal de Las Vegas. En 2018, un « Cannagar », considéré comme le produit à base de cannabis le plus cher jamais commercialisé, a été vendu pour 11 000 dollars.
Réalisé par Leira, cet objet allie artisanat, esthétique et normes de laboratoire rigoureuses. Vingt-quatre grammes de fleurs de la variété 24k Gold ont été compressés sous vide autour d’un noyau central, enveloppés dans des feuilles de chanvre et finis avec de l’or comestible à 24 carats. Le processus de séchage, ou curing, a été particulièrement long et minutieux, garantissant une combustion extrêmement lente, supérieure à six heures.
Le prix élevé reflète plusieurs facteurs : le coût de la main-d’œuvre, la qualité des matières premières, les analyses de laboratoire requises pour le marché légal du Nevada et l’aspect purement symbolique du produit. Là encore, il est important de rappeler qu’il s’agit d’un contexte réglementé et spécifique, loin de toute forme d’improvisation.
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Des chiffres qui racontent une histoire complexe
Mis ensemble, ces records brossent un tableau complexe. Le cannabis apparaît comme une plante très ancienne, chimiquement sophistiquée, capable de s’adapter et de prendre différentes significations selon les époques et les contextes. Des champs néolithiques aux montagnes du Pamir, des laboratoires universitaires aux marchés légaux contemporains, chaque record raconte un fragment d’une histoire beaucoup plus vaste.
Pour ceux qui aiment approfondir leurs connaissances, ces données offrent des pistes de réflexion sur la relation entre la science, la culture et la société. En même temps, elles rappellent combien il est important de faire la distinction entre information, curiosité et comportement responsable. Connaître ne signifie pas imiter, et comprendre un phénomène n’équivaut pas à le promouvoir.
À la fin de ce parcours entre records et chiffres insolites, il convient de réaffirmer un concept de manière claire et directe. Les articles de Justbob ont pour objectif de divulguer, d’informer, d’éveiller la curiosité et d’offrir des données vérifiées à ceux qui aiment approfondir sans superficialité les thèmes liés au cannabis sans THC. Il n’y a aucune intention d’encourager l’utilisation de substances ou de pratiques qui pourraient être illégales ou nocives. Les lois doivent toujours être connues et respectées, où que l’on se trouve.
Si ces records ont éveillé votre curiosité, nous vous invitons à continuer à vous informer avec un esprit critique et attentif. Rendez-vous dans le prochain article pour explorer ensemble un autre sujet fascinant avec la même approche claire et responsable.
Records liés au cannabis : takeaways
- Le cannabis s’impose comme l’une des toutes premières plantes cultivées par l’humanité, avec des preuves archéobotaniques remontant à plus de 10 000 ans : ce record met en lumière son rôle structurant dans le développement des sociétés sédentaires, bien avant les usages contemporains souvent évoqués.
- Les records modernes, qu’il s’agisse de la plante la plus haute, du brownie infusé le plus massif ou du produit le plus coûteux, témoignent d’une maîtrise technique, agronomique et industrielle très avancée, inscrite dans des cadres légaux stricts et fondée sur des protocoles scientifiques précis.
- La richesse chimique et culturelle du cannabis apparaît comme un fil conducteur entre passé et présent : des rituels funéraires d’il y a 2 500 ans aux recherches actuelles sur les terpènes et l’effet entourage, ces données montrent une plante étudiée et sélectionnée depuis des millénaires pour des raisons botaniques, symboliques et scientifiques.
Records liés au cannabis : FAQ
Depuis quand le cannabis est-il cultivé par l’être humain ?
Les données archéobotaniques indiquent que le cannabis fait partie des toutes premières plantes cultivées par l’homme, avec des traces remontant à plus de 10 000 à 12 000 ans. Des vestiges découverts en Chine, dans les sites de la culture Yangshao, ainsi qu’au Japon, témoignent d’un usage ancien principalement lié aux fibres textiles et à l’alimentation.
Quel est le record de croissance le plus impressionnant jamais observé pour une plante de cannabis ?
En 2021, une plante de chanvre industriel cultivée en Californie a atteint une hauteur certifiée de 7 mètres et 34 centimètres. Ce résultat est le fruit d’une sélection génétique ciblée et d’un régime nutritif optimisé, illustrant le potentiel exceptionnel du cannabis en matière de production de biomasse.
Existe-t-il des preuves anciennes de l’usage rituel du cannabis ?
Une étude publiée en 2019 dans la revue Science Advances a mis en évidence des traces de cannabis à forte teneur en THC datant d’environ 2 500 ans. Ces preuves ont été retrouvées dans des brasiers funéraires découverts dans les montagnes du Pamir, en Chine occidentale, suggérant un usage rituel lors de cérémonies anciennes.





