Changé le: 21/05/2026
Une plante qui se fume est une espèce botanique dont les feuilles ou les fleurs séchées peuvent être consumées, avec une diversité d’usages historiques et un cadre légal variable
L’expression plante qui se fume désigne l’ensemble des espèces botaniques dont les parties aériennes (feuilles, fleurs, tiges) ont historiquement été utilisées sous forme sèche dans des contextes culturels, rituels ou aromatiques. Dans l’histoire humaine, plusieurs dizaines d’espèces appartenant à des familles botaniques très différentes ont été employées à ces fins. Dans cet article à vocation botanique et historique, nous présentons les principales plantes de cette catégorie, leur cadre légal et la place du chanvre CBD comme référence moderne dans le cadre français.
L’inventaire des plantes traditionnellement utilisées pour la fumée aromatique a fait l’objet de travaux ethnobotaniques majeurs. La référence la plus citée reste l’ouvrage Plants of the Gods de Richard Evans Schultes et Albert Hofmann (1979, éd. McGraw-Hill), qui recense plus de 200 espèces utilisées dans des rituels traditionnels à travers le monde. Les ethnobotanistes européens et le Royal Botanic Gardens de Kew documentent également cette diversité dans leurs publications.
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Définition botanique et catégories de plantes aromatiques
Une plante sèche peut produire une fumée aromatique dès lors qu’elle contient des composés volatils libérés à la combustion. Les ethnobotanistes distinguent généralement plusieurs catégories selon les composés phytochimiques prédominants :
- Plantes à alcaloïdes : tabac, datura, jusquiame, dont les composés sont actifs au niveau du système nerveux
- Plantes à terpènes aromatiques : sauge, lavande, thym, romarin, eucalyptus, dont les huiles essentielles libèrent des arômes complexes
- Plantes à cannabinoïdes : Cannabis sativa L., dont le chanvre industriel encadré par le Reg. UE 2021/2115
- Plantes à flavonoïdes : camomille, mélisse, mauve, plus douces et historiquement associées aux rituels paisibles
- Plantes à saponines et tanins : herbe à chat, plantain, qui produisent des fumées plus astringentes
Cette typologie est utile pour comprendre les usages traditionnels documentés dans la littérature ethnobotanique. Le seul fait qu’une plante puisse être séchée et consumée ne signifie pas qu’elle soit recommandée pour l’inhalation : la combustion produit dans tous les cas des composés irritants pour les voies respiratoires.
Le tabac (Nicotiana tabacum) : la plante fumable la plus répandue
Le Nicotiana tabacum, originaire d’Amérique du Sud, est la plante fumable la plus consommée au monde. Son introduction en Europe au XVIe siècle par Jean Nicot (ambassadeur de France au Portugal) a marqué le début de sa diffusion mondiale. Le tabac contient principalement de la nicotine, un alcaloïde reconnu comme substance addictogène par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
En France, le tabac est commercialisé sous monopole d’État (Seita, devenue Imperial Tobacco) et soumis à une fiscalité spécifique. Santé publique France et l’Institut national du cancer (INCa) documentent annuellement la mortalité attribuable au tabagisme : environ 75 000 décès par an en France selon les rapports 2024. Le tabac n’est donc pas recommandé comme plante à inhaler, et la lutte contre le tabagisme est une priorité de santé publique.
La sauge officinale (Salvia officinalis) et la sauge blanche (Salvia apiana)
La Salvia officinalis est une plante médicinale traditionnelle européenne, utilisée depuis l’Antiquité pour ses propriétés aromatiques. Pline l’Ancien et Dioscoride en mentionnent l’usage dans leurs traités botaniques. La sauge contient principalement des terpènes (thujone, camphre, cinéole) et des polyphénols.
La Salvia apiana, dite sauge blanche ou white sage, est originaire de Californie. Elle a été utilisée dans des rituels purificatoires par les peuples autochtones d’Amérique du Nord (Chumash, Cahuilla). Ces traditions, désignées sous le terme générique de smudging, restent vivaces dans la culture amérindienne contemporaine.
Il convient de noter qu’une autre espèce, la Salvia divinorum (sauge des devins, originaire du Mexique), contient un composé actif spécifique (salvinorine A) qui a conduit à son classement comme stupéfiant en France en 2005 (arrêté du 7 février 2005). La salvia divinorum est donc une plante distincte des autres sauges et son usage est interdit sur le territoire français.
La lavande, la camomille et autres plantes à terpènes
La Lavandula angustifolia, l’Helichrysum italicum, la Matricaria recutita (camomille allemande) et la Melissa officinalis (mélisse) appartiennent à la catégorie des plantes à terpènes. Elles sont utilisées principalement en aromathérapie et en herboristerie traditionnelle, sous forme d’infusion ou d’huile essentielle. Le séchage des fleurs ou des feuilles permet de conserver les composés volatils.
Le profil terpénique des plantes européennes a fait l’objet d’études détaillées par les laboratoires de phytochimie de l’INRA et du CNRS. Les terpènes identifiés dans ces espèces incluent :
- Linalol : présent dans la lavande, la coriandre, le bois de Hô
- Limonène : présent dans les agrumes, la mélisse
- Pinène (alpha et bêta) : présent dans le pin, le romarin, le sapin
- Myrcène : présent dans le houblon, la verveine, le thym
- Caryophyllène : présent dans le clou de girofle, le poivre noir
Ces composés terpéniques sont aussi présents dans les fleurs de chanvre industriel, ce qui contribue au profil aromatique distinctif décrit dans la littérature scientifique. L’effet d’entourage décrit par Russo (2011, British Journal of Pharmacology, PMID 21749363) explore précisément les synergies entre cannabinoïdes et terpènes.


Le houblon (Humulus lupulus), proche cousin du chanvre
Le Humulus lupulus, ou houblon, appartient à la famille des Cannabaceae, la même famille botanique que le chanvre (Cannabis sativa L.). Les fleurs femelles du houblon, ou cônes, contiennent des résines (humulone, lupulone) et des terpènes communs avec ceux du chanvre, notamment le myrcène, le caryophyllène et l’humulène.
Le houblon est cultivé principalement pour la brasserie, mais ses cônes sont aussi utilisés en herboristerie traditionnelle européenne. Sa proximité botanique avec le chanvre en fait un sujet d’étude pour les chercheurs en phytochimie. Les jardins botaniques (Kew, Brest, Lyon, Genève) le présentent souvent en parallèle du chanvre dans leurs collections de Cannabaceae.
Le chanvre industriel (Cannabis sativa L.), encadré par le Reg. UE 2021/2115
Le Cannabis sativa L. est l’une des plus anciennes plantes cultivées par l’humanité. Les découvertes archéologiques attribuent les premiers usages à la Chine du Néolithique, il y a plus de 6 000 ans. La diffusion vers l’Europe s’est faite par les routes commerciales asiatiques, avec une présence attestée dans la Gaule romaine.
Le chanvre industriel contemporain, encadré en France par l’arrêté du 30 décembre 2021 et confirmé par l’arrêt Kanavape de la CJUE (19 novembre 2020, C-663/18) ainsi que par la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022, doit respecter plusieurs critères :
- Être issu de variétés inscrites au Catalogue commun européen (Reg. UE 2021/2115)
- Présenter une teneur en THC strictement inférieure à 0,3% sur la plante sèche
- Être cultivé dans le respect des bonnes pratiques agricoles européennes
- Être destiné à un usage technique, scientifique, ornemental ou de collection
- Faire l’objet d’analyses HPLC quotidiennes pour vérifier la conformité réglementaire
Le chanvre industriel se distingue ainsi du cannabis à forte teneur en THC, classé stupéfiant en France et soumis aux articles L. 3421-1 et suivants du Code de la santé publique. Les fleurs de chanvre industriel commercialisées par Justbob respectent intégralement ce cadre réglementaire.
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Les plantes interdites et à risque sanitaire
Toutes les plantes ne sont pas autorisées à la commercialisation en France. Plusieurs espèces sont classées stupéfiants ou substances dangereuses, conformément aux annexes du Code de la santé publique et aux arrêtés spécifiques :
| Plante (nom scientifique) | Statut | Référence réglementaire |
|---|---|---|
| Cannabis sativa L. (THC supérieur à 0,3%) | Stupéfiant | Code santé publique L. 3421-1 |
| Salvia divinorum | Stupéfiant | Arrêté 7 février 2005 |
| Catha edulis (qat) | Stupéfiant | Arrêté 6 juillet 1999 |
| Datura stramonium | Vente réglementée | Code santé publique L. 5132-1 |
| Banisteriopsis caapi | Stupéfiant (alcaloïdes) | Arrêté 20 avril 2005 |
| Mitragyna speciosa (kratom) | Vente réglementée | Arrêté 30 mai 2020 |
Cette liste n’est pas exhaustive et évolue régulièrement en fonction des décisions de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et de la MILDECA. Les autorités sanitaires françaises rappellent que la fumée de toute plante, qu’elle soit autorisée ou non, contient des composés irritants pour les voies respiratoires (monoxyde de carbone, particules fines, hydrocarbures aromatiques polycycliques).
Le contexte herboristerie en France et en Europe
L’herboristerie est une tradition ancienne en France et en Europe, qui repose sur la connaissance des espèces botaniques et de leurs usages. Le diplôme d’herboriste a été supprimé en 1941 par le régime de Vichy, mais le savoir traditionnel continue de se transmettre par des formations privées, des écoles d’aromathérapie et la Société française d’ethnopharmacologie.
La vente de plantes en l’état est encadrée par le Code de la santé publique (article L. 4211-1), qui réserve la vente de certaines plantes médicinales aux pharmaciens. Une liste de 148 plantes libérées, fixée par décret de 2008, peut être vendue librement en boutiques spécialisées : camomille, lavande, mélisse, verveine, tilleul, romarin, thym, sauge officinale, hibiscus, mauve, etc.
Pour les fleurs de chanvre industriel, le cadre est spécifique : la commercialisation est autorisée en boutiques spécialisées CBD, dans le respect du seuil de 0,3% de THC et des règles d’étiquetage (mention 18+, indication de l’usage technique/ornemental).
L’alternative CBD légale : panorama Justbob
Pour les amateurs de plantes aromatiques recherchant une alternative encadrée par la législation française, le chanvre industriel CBD constitue la référence moderne. Le catalogue Justbob propose plusieurs catégories de produits, tous conformes au seuil de 0,3% de THC :
- Fleurs CBD : bourgeons de chanvre industriel à profil terpénique riche
- Haschisch CBD : dérivé pressé traditionnel issu de la trichome résine du chanvre
- Huile CBD : formats variés pour usage technique
- Small Buds : petits bourgeons économiques et aromatiques
- Extraits CBD : shatter, moonrock, icerock pour collection
Tous les produits Justbob sont issus de variétés inscrites au Catalogue commun européen, cultivés selon des méthodes biologiques sans pesticides ni métaux lourds, et destinés exclusivement à un usage technique, scientifique, ornemental ou de collection. Chaque lot fait l’objet d’analyses HPLC quotidiennes par laboratoires accrédités ISO 17025.


Pourquoi privilégier le chanvre légal aux autres plantes à fumer
Le chanvre industriel cultivé en Europe présente plusieurs avantages par rapport à d’autres espèces botaniques fumables :
- Cadre réglementaire clair : le seuil de 0,3% de THC est vérifiable par analyse HPLC
- Traçabilité complète : variétés du Catalogue européen, certificats d’analyse par lot
- Profil aromatique riche : terpènes et flavonoïdes identifiés par chromatographie
- Culture biologique : sans pesticides ni métaux lourds, sans OGM
- Pas de classement stupéfiant : le CBD a été reconnu non psychoactif par la CJUE en 2020
- Production européenne : circuits courts, contrôle qualité renforcé
Le chanvre légal n’est pas à proprement parler un produit à inhaler. Il est commercialisé et destiné à un usage technique, scientifique, de collection ou de parfumeur d’ambiance, conformément à la mention obligatoire des étiquettes Justbob. Cette destination encadrée participe au respect de la réglementation française et au principe de précaution sanitaire.
Histoire ethnobotanique des plantes sèches en Europe
L’usage des plantes sèches dans la culture européenne remonte à l’Antiquité. Les manuscrits médiévaux comme l’Hortus Sanitatis (1485) et le Capitulaire de Villis de Charlemagne (vers 800) listent déjà une grande variété de plantes aromatiques cultivées dans les jardins monastiques. La tradition s’est perpétuée dans les couvents et les pharmacies médiévales, où les plantes sèches étaient conservées dans des bocaux en verre ou en faïence étiquetés en latin.
À la Renaissance, les ouvrages de botanique d’Otto Brunfels (1530), de Leonhart Fuchs (1542) et de Pierandrea Mattioli (1544) ont systématisé la connaissance botanique. Les jardins botaniques de Padoue (1545), Pise (1544) et Montpellier (1593) ont conservé des spécimens de plantes aromatiques utiles à l’étude scientifique. Cette tradition se poursuit aujourd’hui dans les principaux jardins botaniques européens.
Au XIXe siècle, l’identification des principes actifs (alcaloïdes, terpènes, glucosides) par les chimistes européens (Pierre-Joseph Pelletier, Joseph Bienaimé Caventou, Friedrich Wilhelm Sertuerner) a ouvert l’ère de la pharmacognosie moderne. La distinction entre plantes à usage technique, ornemental ou pharmaceutique s’est progressivement précisée, conduisant au cadre réglementaire actuel.
Plantes aromatiques et profil terpénique : analogies avec le chanvre
Les terpènes présents dans les plantes aromatiques traditionnelles européennes (lavande, thym, romarin, sauge, mélisse) sont en partie communs avec ceux identifiés dans les fleurs de chanvre industriel. Cette parenté phytochimique, décrite dans les bases de données du PubChem et du DrugBank, explique certaines analogies aromatiques.
Les méthodes d’analyse chromatographique permettent de cartographier ces profils :
- GC-MS (chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse) : référence pour les terpènes volatils
- HPLC-DAD (chromatographie liquide haute performance avec détecteur à barrette de diodes) : utile pour les flavonoïdes et cannabinoïdes
- RMN du proton : caractérisation structurale fine des composés
- Distillation à la vapeur : extraction des huiles essentielles à partir des plantes sèches
Les laboratoires partenaires de Justbob utilisent ces techniques pour caractériser le profil terpénique de chaque variété commercialisée. La diversité des terpènes, qui peut dépasser une trentaine de composés identifiables sur une fleur de chanvre industriel mature, contribue à la richesse aromatique propre à chaque variété du Catalogue commun européen. Cette empreinte chimique unique distingue le chanvre légal des autres plantes botaniques.
Questions fréquentes sur les plantes qui se fument
Quelles plantes peut-on légalement faire sécher en France ?
La liste des 148 plantes libérées fixée par le décret de 2008 autorise la vente libre de nombreuses plantes : camomille, lavande, mélisse, verveine, tilleul, romarin, thym, sauge officinale, hibiscus, mauve, et bien d’autres. Pour le chanvre industriel, la commercialisation des fleurs sèches est autorisée à condition que la teneur en THC soit strictement inférieure à 0,3%, conformément à l’arrêté du 30 décembre 2021.
Quelles plantes sont classées stupéfiants en France ?
Plusieurs plantes sont classées stupéfiants ou substances réglementées : le cannabis à forte teneur en THC, la Salvia divinorum, le qat (Catha edulis), la Banisteriopsis caapi. Le datura et le kratom sont soumis à une vente réglementée. Le tabac est commercialisé sous monopole d’État avec une fiscalité spécifique. La liste évolue selon les décisions de l’ANSM et de la MILDECA.
Le chanvre légal est-il considéré comme une plante à fumer ?
Non, le chanvre industriel CBD commercialisé en France est destiné à un usage technique, scientifique, ornemental ou de collection, conformément à la mention obligatoire des étiquettes des produits Justbob. Il s’agit d’un cadre réglementaire spécifique, distinct des usages traditionnels de l’herboristerie européenne. La fleur de chanvre légal n’est pas commercialisée comme un produit à inhaler.
Quelles sont les plantes les plus utilisées en herboristerie traditionnelle européenne ?
L’herboristerie traditionnelle européenne utilise principalement la camomille (Matricaria recutita), la mélisse (Melissa officinalis), la verveine (Verbena officinalis), le tilleul (Tilia cordata), le thym (Thymus vulgaris), la sauge officinale (Salvia officinalis), la lavande (Lavandula angustifolia) et le romarin (Rosmarinus officinalis). Ces plantes sont présentes dans la liste des 148 plantes libérées et peuvent être commercialisées en boutiques spécialisées.
Quels sont les avantages des fleurs de chanvre industriel par rapport à d’autres plantes fumables ?
Les fleurs de chanvre industriel issues du Catalogue commun européen présentent plusieurs avantages : un cadre réglementaire clair (THC inférieur à 0,3%), une traçabilité complète (analyses HPLC par lot), une culture biologique sans pesticides ni métaux lourds, un profil terpénique riche identifié par chromatographie. Tous les produits Justbob respectent ces critères, dans le respect du cadre légal français issu de l’arrêté du 30 décembre 2021.






